Des visites d’appartements, des baux signés et des avances de loyer encaissées : des locataires croyaient avoir trouvé leur prochain logement à Montréal. Van Lanh Vuong, qui se faisait passer pour le propriétaire, a plutôt empoché leur argent. Il vient d’être condamné à quatre ans de détention.
La peine a été prononcée à la Cour du Québec, à Montréal, à la suite d’une suggestion commune de la poursuite et de la défense. Selon les informations rapportées lors du prononcé de la peine, Van Lanh Vuong, détenu depuis juillet 2024, aurait encore environ un an à purger. Il devra aussi rembourser ses victimes dans un délai de trois ans.
L’homme avait plaidé coupable en juillet 2026. Il a escroqué au moins 23 personnes, pour un total d’environ 37 500 $.
Un même logement promis à 13 personnes
Le cas le plus frappant concerne un appartement de l’arrondissement de Saint-Laurent. Selon les informations rapportées, 13 personnes y ont signé un bail et versé un dépôt. Le jour du déménagement, quatre familles se sont présentées en même temps pour emménager, si bien que la véritable propriétaire a dû appeler la police.
Au total, cinq appartements ont servi à l’opération : trois que Vuong louait lui-même, l’adresse d’un voisin et un logement auquel il n’avait aucun droit d’accès. Les fraudes ont eu lieu entre avril et juillet 2024.
Des visites qui donnaient confiance
Le stratagème avait été décrit par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dès juillet 2024. Des annonces en ligne proposaient des logements à prix avantageux. Après une visite, les personnes intéressées signaient un faux bail et remettaient un dépôt équivalant à un ou deux mois de loyer. Vuong se présentait comme le propriétaire, parfois sous de faux noms.
Les victimes ne découvraient la fraude qu’au moment de prendre possession des lieux, ou lorsque les clés promises n’arrivaient jamais.
Le SPVM l’a arrêté le 11 juillet 2024 à Québec, avec l’aide du Service de police de la Ville de Québec. Il a comparu le lendemain à Montréal pour fraude de plus de 5 000 $ et introduction par effraction.
Des victimes privées d’argent et de toit
Pour plusieurs victimes, la perte allait bien au-delà de l’argent. L’un des hommes floués avait versé l’équivalent de deux mois de loyer. Après la fraude, il ne lui restait que 200 $. Il a dormi à l’extérieur d’un cinéma, puis passé un mois dans un refuge pour personnes sans abri. Une autre victime a perdu 1 800 $.
En pleine pénurie de logements, une fausse annonce ne coûte pas seulement un dépôt. Elle peut coûter un toit.
Un dépôt de deux mois : le premier signal d’alarme
Dans cette affaire, les victimes remettaient souvent un ou deux mois de loyer d’avance. Or, au Québec, un propriétaire n’a pas le droit d’exiger plus que le premier mois de loyer à l’avance. L’article 1904 du Code civil lui interdit aussi d’exiger un dépôt de garantie ou toute autre somme que le loyer.
Autrement dit, une demande de dépôt ou de deux mois d’avance est déjà, en soi, une pratique interdite. Dans un contexte de recherche de logement, c’est souvent le premier signe qu’il faut se méfier.
- Méfiez-vous d’un loyer nettement inférieur au prix du marché.
- Refusez de verser un dépôt de garantie ou plus d’un mois de loyer d’avance : la loi l’interdit.
- Vérifiez que la personne est bien propriétaire, par exemple dans le rôle d’évaluation foncière de la municipalité ou au Registre foncier du Québec.
- Exigez le formulaire de bail obligatoire du Tribunal administratif du logement.
- Évitez de payer en argent comptant ou par virement sans pouvoir identifier clairement le propriétaire.
- Si vous croyez être victime, signalez-le à votre poste de quartier ou au 911, ou de façon anonyme à Info-Crime Montréal, au 514 393-1133.
- SPVM, Fraude au logement : le SPVM recherche des victimes potentielles de Van Lanh Vuong, 12 juillet 2024.
- Quatre ans de prison pour avoir escroqué 23 locataires avec de faux baux, 27 octobre 2026.
- La Presse Canadienne, Montreal man pleads guilty after making victims sign fraudulent leases, juillet 2026.
- Code civil du Québec, article 1904.
Au moment du plaidoyer de culpabilité, en juillet, il était question de 24 victimes et de 37 460 $; au prononcé de la peine, de 23 victimes et d’environ 37 500 $. Notre équipe n’a pas consulté le jugement sur la peine. Toute personne concernée peut exercer son droit de réplique en écrivant à enimmobilier.ca@outlook.com.
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