Habitation · Laval · Marché locatif
Laval prépare un examen plus serré des démolitions d’immeubles de 10 logements ou plus. La Ville veut tenir compte des logements abordables qui disparaissent et du sort des ménages qui devront partir.
Par l’équipe d’EnImmobilier.ca · 3 octobre 2026
Démolir un immeuble locatif pour construire plus grand peut augmenter le nombre de logements tout en laissant ses anciens occupants devant une facture impossible à assumer. C’est cette tension entre densification et abordabilité que Laval veut mieux prendre en compte dans l’examen des projets de démolition.
Selon un reportage du Courrier Laval publié le 2 octobre, le conseil municipal doit franchir une étape finale le 6 octobre pour élargir son règlement sur la démolition aux bâtiments de 10 logements et plus. L’encadrement décrit par le journal visait jusqu’ici les immeubles d’intérêt patrimonial.
Comparer les logements perdus et ceux qui les remplaceront
La Ville avait annoncé cette orientation dans un communiqué du 17 juin 2026. Elle prévoyait d’évaluer les demandes en fonction des logements abordables supprimés et de ceux proposés dans le projet de remplacement, en considérant aussi le quartier et la vulnérabilité des ménages.
Le reportage du Courrier Laval précise que les demandeurs devront notamment fournir les loyers actuels et projetés, ainsi que le nombre de locataires touchés, dont ceux qui bénéficient du Programme de supplément au loyer. Le dispositif doit également encadrer les avis aux occupants et les conditions de relogement lorsqu’un projet est autorisé.
L’enjeu dépasse donc le calcul du nombre de portes. Pour un ménage, un appartement supplémentaire dans le quartier ne constitue une solution que si son prix et ses caractéristiques lui permettent réellement de l’habiter. L’examen de l’abordabilité donne une place à cette réalité dans la discussion sur le redéveloppement.
Le boulevard Cartier en toile de fond
Le Courrier Laval rattache ce changement au dossier du boulevard Cartier, où quatre immeubles de 16 logements ont été démolis. Leur remplacement annoncé comprend 162 logements. Ce dossier illustre le débat auquel la Ville cherche à répondre : comment accueillir davantage de résidents tout en limitant la disparition d’appartements accessibles aux ménages déjà présents?
Une mesure dans une stratégie plus large
Dans son annonce de juin, Laval indiquait aussi vouloir contribuer à la réalisation de 2 000 logements sociaux, abordables et à but non lucratif d’ici 2028. Elle avait budgété 3,7 millions de dollars pour soutenir le retrait de logements du marché spéculatif. Le contrôle des démolitions s’ajoute ainsi à des efforts de construction et de préservation du parc locatif.
Pour les projets de remplacement, la question à suivre sera celle des engagements concrets envers les occupants et des loyers proposés. La prochaine étape municipale permettra de connaître les règles finalement retenues et leur calendrier d’application.

